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Cette année, pour fêter ses 50 ans, la madone est partout. Son dernier album, Hard Candy est une réussite relevant le niveau d’un précédent album plutôt mitigé. Elle remplit les salles, et sort son premier long : Filth and Wisdom. Elle va suivre trois co-locataires à Londres qui sont obligés de faire des emplois tampons avant de faire ce qu’ils désirent réellement. Il y a A.K.(Eugene Hutz), leader de l’excellent groupe Gogol Bordello, qui humilie des hommes qui aiment le Sm, pour gagner sa vie. Holly (Holly Weston) superbe danseuse classique qui doit faire du strip-tease pour gagner sa croûte et Juliette (Vicky McClure), pharmacienne qui souhaite plus que tout aller en Afrique faire de l’aide humanitaire. Ces trois rêveurs doivent en permanence se confronter à la réalité de la vie… Sur une trame simple Madonna va tisser une chronique sur la dualité de la vie. Il y a aussi le pharmacien indien, sa femme, le voisin d’en dessous, poète aveugle ou encore le client sm et sa femme… Une belle brochette de personnages hauts en couleurs. Ce que Madonna réussit pleinement c’est sa description du compromis pour un rêveur. Jamais elle ne tombe dans la facilité du pathos inhérent à ce genre de production indépendante. Elle distance son propos via un humour sarcastique bienvenu et une fraîcheur qui donne une pêche incroyable. Et tout comme Agnès Jaoui elle traite ses personnages à égalité. Le plus petit personnage a droit à une réhabilitation. C’est ce qui fait le prix d’un premier long franchement réussi. Description réaliste de notre société sans être dans le revendication, Filth… est un film remonte moral qui positive sur le futur de ses personnages. Elle dirige formidablement ses acteurs, qui arrivent en quelques plans à être touchants malgré leurs différences. Avec un amour évident pour ses acteurs, Madonna prouve qu’elle a toujours un talent caché mais pas si éloigné que ça du reste de sa carrière. En véritable Show girl, Madonna est en perpétuelle mise en scène : sa vie, ses shows, ses clips… Elle dirige tout et prouve contrairement à beaucoup de cinéastes importés (je pense évidemment à nos humoristes français) qu’elle a un regard et quelque chose à dire. J’attend la suite avec impatience. A noter, l’excellente B.o composée de quelques titres de Gogol Bordello.
Vertu

Pour son troisième long, Agnès Jaoui continue sa route avec Jean-Pierre Bacri. Tous deux nous ont toujours offerts de bons films aux dialogues savoureux : Cuisine et Dépendances, Un Air de Famille, Le Goût des Autres, Comme une image… Et ils réitèrent l’exploit en choisissant de ne pas changer leur formule. Ce qui évidemment pourra en lasser certains. Œuvre chorale de nouveau sur les petites bassesses humaines, sur les susceptibilités de la vie, Parlez-moi de la pluie, fait se confronter un documentariste has been à l’ouest, son monteur aigri et une femme politique. Bacri est l’hurluberlu (pour une fois qu’il ne fait pas l’aigri !) Jamel Debbouze le monteur et Jaoui la femme politique.
Agathe Villanova, féministe, s’engage en politique et est choisie par Michel Ronsard pour être le sujet d’un portrait sur les femmes qui ont réussi. Le fils de la femme de ménage des Villanova quant à lui va monter le documentaire… Tout comme Madonna, Jaoui, comme à l’accoutumée, va traiter ses personnages à égalité, même les plus petits rôles. Et elle réussit pleinement l’exercice avec un humour franc moins jaune qu’à l’accoutumée. Au début le scénario à un peu de mal à démarrer mais lorsque les trois êtres aux fêlures enfouies se retrouvent pour le tournage, la comédie prend tout son sens pour ne plus s’arrêter. Entre scènes à l’humour pince sans rire et la franche rigolade, Jaoui apporte encore plus de tendresse à son œuvre que par le passé. Même si le scénario sent un peu le prétexte, elle brosse une galerie de personnages intéressants. Bacri, Debbouze et elle-même s’amusent comme des petits fous à incarner ces gens de la vie de tous les jours. A part Florence Loiret, crispante à souhait, le casting est parfait. Quelques scènes sont de purs moments de comédie (le tournage en partie et la scène où ils sont rescapés par des paysans, hilarante). Son travail de cinéaste reste passionnant pour ce qu’il apporte au cinéma français : des comédies populaires plus intelligentes que la moyenne. Parlez-moi de la pluie est un bon moment de cinéma où toutes les petites animosités, rancœurs que l’on peut connaître dans la vie, sont ici mises à nue. Et tout comme sa rivale (en terme de date de sortie), Jaoui aime ses personnages et le prouve en leur administrant une ouverture positive sur leur futur. Deux œuvres chorales hautement réussies qui redonnent la pêche, deux œuvres aux personnages hauts en couleur… Alors pourquoi choisir ? Allez voir les deux !
Source: www.dvdrama.com